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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 13:36

Sonnés par la charge de travail et les violences, les agents de l'ex-ANPE étaient en grève hier pour demander plus de moyens. Alors que le nombre de chômeurs atteint des sommets, le gouvernement continue sa politique minimaliste.

 

Les agents du service public de l'emploi, sur le fil du rasoir. A l'initiative du SNU-FSU, une journée d'action était organisée, hier, pour dénoncer le manque de moyens. Plus de 10 % des salariés ont suivi le mouvement. C'est une lame de fond de colère qui a éclaboussé Pôle emploi. Avec plus de 4 millions de chômeurs inscrits, les agences n'ont jamais été aussi remplies depuis douze ans. En septembre, le nombre de demandeurs d'emploi a augmenté de 0,7 % et de 4,5 % sur un an. Le chômage de longue durée s'enracine, notamment pour les plus de cinquante ans.

les crédits alloués

devraient baisser de 12 %

C'est dans ce contexte inédit que le gouvernement décide de réduire l'enveloppe attribuée aux questions d'emploi. Lors du vote du budget 2012, aujourd'hui, les crédits alloués devraient baisser de 12 %. Et le budget de l'ex-ANPE continuerait de fondre. Un paradoxe qui révulse Jean-Charles Steyger, membre du bureau national du SNU. « Ça fait trois ans que l'on n'a plus de politique de l'emploi. Xavier Bertrand (ministre du Travail NDRL) ne connaît pas son sujet, il donne des coups de rabot et, d'un autre côté, ménage des effets d'annonce, comme l'alternance pour les jeunes. » Né de la fusion entre l'ANPE et les Assedic en décembre 2008, Pôle emploi subit depuis sa création une saignée dans ses effectifs. Entre 2008 et 2011, les équivalents temps plein ont chuté de 60 000 à 42 300, d'après les syndicats. Pour 2012, la tendance devrait être aussi à la baisse. Dans tout l'Hexagone, la pénurie d'agents est palpable. Comme l'illustre Jean-Charles Steyger, « une agente de Saint-Brieuc m'a raconté qu'un chômeur qui avait envoyé sa demande d'inscription le 9 septembre n'avait été convoqué que le 7 novembre et indemnisé seulement le 15 novembre ! ». Beaucoup de conseillers attachés à leur métier n'en peuvent plus de délivrer un service public low cost. Gérard travaille à Nantes. Il explique qu'avec 50 créneaux dans le mois il ne peut pas recevoir les 180 chômeurs de son portefeuille. « C'est devenu impossible à gérer avec l'explosion du nombre de demandeurs d'emploi », explique-t-il. Avec les départs en retraite non remplacés, les CDD non renouvelés... la charge repose de plus en plus sur les épaules d'un seul agent.

« des agents partent

en pleurant »

A Castres (Tarn), Frédéric Morlot, secrétaire régional du SNU en Midi-Pyrénées, constate les ravages de cette politique. « Ça craque de tous les côtés, les conditions de travail sont très tendues. On a des clashs à l'accueil, des agents qui partent en pleurant en pleine journée. » Suivant la courbe du chômage, les violences contre les personnels du service public vont crescendo. Pour les syndicats, la prise d'otage par un chômeur dans une agence du 11e arrondissement de Paris, en octobre dernier, n'est que la partie immergée de l'iceberg. Une agression verbale ou physique se produirait toutes les vingt minutes à Pôle emploi. Pour Yann Venier, secrétaire régional CGT de Lorraine, également en grève, « de façon quasi automatique, la hausse de l'agressivité des usagers correspond à la dégradation du service rendu. On ne leur donne aucune réponse ! On ne prend plus le temps de faire notre travail ». Par exemple, avec le nouvel entretien individuel de diagnostic (EID), les agents doivent expédier l'entretien d'indemnisation et de conseil au chômeur en quarante-cinq minutes contre quasiment le double de temps précédemment. Le demandeur d'emploi ne connaît pas immédiatement le montant de son allocation et n'a pas le temps de poser toutes ses questions. Dans cette logique de rigueur, les crédits pour la formation professionnelle des chômeurs sont passés de 20 millions en 2010 à 10 millions en 2011. Pour le gouvernement, aucune raison que la diète budgétaire soit assouplie en 2012. C'est avec moins d'argent, deux, trois mesurettes qu'il compte redresser la barre. En 2007, le président de la République, Nicolas Sarkozy, tablait sur le plein-emploi en fin de mandat. Cinq ans après, le chômage a explosé. Et Pôle emploi ne tient plus qu'à un fil.

 

Cécile Rousseau

 

L'Humanité, 15-11-11

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Published by Petit village gaulois - dans Chômage
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