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  • : CGT Saint-Vincent-de-Paul Service Public - Le blog citoyen de l'hôpital
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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 16:50

Organisée par la CGT le 27 septembre 2011, la journée militante à l’hôpital Saint-Vincent de Paul était placée sous le signe de la lutte. Néanmoins, elle ne fut pas exempte, pour une partie de la nombreuse assistance, d’une certaine nostalgie, voire d’une certaine tristesse. En effet, il s’agissait d’une des dernières manifestations organisées dans cet hôpital, celui-ci devant fermer ses portes à la fin de l’année.

En présence du secrétaire de Nicole Borvo, sénatrice communiste (laquelle ne put venir elle-même en raison de l’actualité sénatoriale – le passage à gauche du Sénat) la journée débuta vers 10h30 par le discours du Secrétaire Général CGT de Saint-Vincent de Paul, Bernard Giusti, qui fustigea le gouvernement actuel et sa politique de casse généralisée, mais aussi certaines politiques syndicales d’accompagnement du capitalisme, notamment à travers la participation des centrales syndicales à des instances européennes (la CES par exemple) mises en place par « les patrons et la finance ». [lire le discours de Bernard Giusti]

Marise Dantin, Secrétaire Générale CGT de l’hôpital Cochin, co-organisatrice de la journée, prit ensuite la parole pour dénoncer plus précisément la politique actuelle de Santé, notamment la loi HPST (la fameuse « loi Bachelot ») et ses graves conséquences sur le personnel et les patients. [lire le discours de Marise Dantin]

Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’Histoire Contemporaine et chercheuse, fit ensuite une conférence magistrale sur le thème de « La stratégie du choc en France, de 1930 à nos jours », mettant notamment en parallèle la situation sociale, politique et syndicale de l’avant-guerre et celle d’aujourd’hui, en suivant le fil de l’Histoire et en passant bien sûr par les collaborations avérées durant la guerre. La conférence fut suivie par un public ravi et conquis, auquel Annie Lacroix-Riz expliqua, exemples à l’appui, « la stratégie du choc » utilisée par le capitalisme pour asservir la population et diriger le pays. Une stratégie plus que jamais à l’ordre du jour… [voir la vidéo de la conférence d’Annie Lacroix-Riz]

La journée fut accompagnée par le chanteur compositeur Pierre Meige et ses chansons poétiques et parfois grinçantes, très appréciées. Deux autres chanteurs l'accompagnaient, Adel, qui nous fit partager des purs moments de poésie avec les chansons de Léo Ferré, et Guillaume, dont l’allant entraîna la salle à plusieurs reprises.

Après un buffet offert par la CGT, préparé par les militantes, la journée reprit avec les interventions des participants venus soutenir les militants de cet hôpital sacrifié. On notera notamment celles de Hervé Bégué (Secrétaire de la Section du PCF du 14 e arrondissement), de Roger Silvain (Président du Front syndical de classe), de Josiane Lizo Mathéis (Secrétaire générale CGT de l’hôpital Trousseau), de Claude Beaulieu (Président du Comité Valmy), de Paul Roussier (adjoint au Maire du 14e arrondissement), et le témoignage émouvant de François Rondel (usager de Saint-Vincent de Paul et correspondant de la mutuelle 602).

Le personnel et les militants de cet hôpital en voie de fermeture avaient aussi le soutien de militants, secrétaires généraux ou représentants de syndicats, d'organisations ou d'associations. On citera :  Malik Benbernou et Xavier Vabois [HEGP], le Parti de Gauche du 5e, Alain Carini et Bruno Lamaille [Hôtel Dieu], l'Union Locale CGT du 14e, Azzedine Aissou [Pitié-Salpétrière], L'Ours Blanc

De nombreux visiteurs s'attardèrent sur la belle exposition qui ornait les murs de la salle, une série de panneaux réalisés par Marise Dantin sur la conquête des droits de la femme.

Le dénominateur commun de tous les participants fut sans conteste de rappeler la nécessité de la lutte contre le capitalisme, tant au niveau de la lutte idéologique qu'au niveau de la lutte sur le terrain. La plupart des intervenants rappelèrent leur engagement dans la lutte des classes, dénonçant les "collaborateurs de classe attachés à l'Europe", tous ceux qui s'illusionnent sur "un capitalisme qui pourrait être gentil", c'est-à-dire acceptable. Il n'y a pas d'autre alternative : ou le capitalisme et son cortège inéluctable d'inégalités et d'injustices, ou un changement de société. Les intervenants insistèrent sur le fait qu'il n'y a pas de "troisième voie" possible [lire à ce sujet mon article de décembre 2010 "Pas de troisième voie entre la lutte des classes et la collaboration de classe"].

Cette journée militante - qui donnait aussi la parole à ceux qui sont privés de médias, ce que rappela Hervé Bégué du PCF -  n'avait pas pour vocation de tenter de retarder une fermeture devenue inéluctable. Son but était manifestement de rassembler les énergies tant syndicales que politiques. Pari réussi.

Michel Strausseisen

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Published by Vendémiaire/Petit village gaulois - dans Syndicalisme et luttes
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